Aller au contenu principal

Autour de l'exposition Dalí

Explorer les thématiques 

Personnage à la fenêtre , © Culturespaces / Eric Spiller

Cadaqués

La ville côtière Cadaqués n’a pas cessé d’imprégner et d’influencer les œuvres de Dalí. Une grande fresque se compose à partir des œuvres de jeunesse de l’artiste. Elles regroupent deux sujets privilégiés de Dalí : sa sœur Anna Maria et le littoral de Cadaqués.

C’est là que Dalí reçoit les membres du groupe surréaliste. Ce port de pêche attire des figures comme Max Ernst, Paul Éluard, René Magritte ou André Breton. Dalí a rencontré ces artistes après avoir été exclu en 1926 des Beaux-Arts de Madrid. Il rejoint alors le groupe surréaliste qui refuse toute construction logique de l’esprit.

Pendant l’été 1929, Gala (Elena Éluard, alors femme du poète Paul Éluard) entre dans sa vie. Ils ne se quitteront plus, Gala devenant la muse de Dalí jusqu’à la fin de sa vie.

Rideau pour le ballet Labyrinthe, , © Culturespaces / Eric Spiller

Théâtre-musée

Dalí forme son imaginaire visuel à travers les paysages de son enfance mais également à travers les avant-gardes européennes et le théâtre. Cet engouement pour l’art de la scène s’intensifie à partir des années 1930. Dalí, exilé aux États-Unis de 1940 à 1948, participe à divers projets comme la création de costumes et décors de théâtre et opéra ou scénarios de films.

En octobre 1941, Dalí débute avec le chorégraphe russe Léonide Massine pour Labyrinthe, ballet tiré du mythe de Thésée, sur une musique de Schubert. Il en écrit le livret et en exécute costumes et décors.

Inauguré en 1974, le Théâtre-musée Dalí, considéré comme l’une des dernières grandes œuvres de l’artiste, a été construit sur les vestiges de l’ancien Théâtre municipal de Figueres.

Réminiscence archéologique de « l’Angélus » de Millet , © Culturespaces / Eric Spiller

Surréalisme métaphysique

En 1930, Dalí présente sa méthode « paranoïaque-critique » dans son éssai théorique « L’Âne pourri ». La paranoïa devient objet de prédilection. Cette méthode tend à rendre manifeste l’invisible par un délire contrôlé de l’esprit ou l’application de la double image.

Obsédé par la célèbre toile L’Angélus de Jean-François Millet (1857-1859), Dalí crée une nouvelle composition, inspirée de cette méthode.

La scène fait référence à la prière de l’Angélus, où deux paysans sont représentés dans un champ. Pour Dalí, marqué par la mort de son frère Salvador avant sa naissance, l’Angélus est une scène de recueillement. Pour lui, les deux personnages du tableau viennent en réalité d’enterrer leur enfant. Dans sa version de 1934, Dalí reprend ces deux figures et les introduit dans un contexte mystique.

Rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une pomme-grenade, une seconde avant l’éveil , © Culturespaces / Eric Spiller

Évocations

Peinte aux États-Unis lors de la fin de la Seconde Guerre mondiale, Rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une pomme-grenade, une seconde avant l’éveil (vers 1944) représente Gala lévitant et endormie sur un rocher. L’abeille qui voltige à ses côtés provoque le rêve de Gala : tout est suspendu, le temps est arrêté.

La tentation de saint Antoine de Dalí, révèle à la fois une maîtrise technique rappelant les grands maîtres classiques et un univers fantastique avec des animaux surréalistes. Il peint saint Antoine nu, en position de faiblesse, dans un désert, brandissant une croix. Les animaux - un cheval massif, une file d’éléphants aux fines pattes immenses et longilignes - représentent les tentations charnelles ou matérielles à affronter. Le tableau réunit des thèmes chers à Dalí : désir, rêve, peur, pulsions et mysticisme.

Cœur Royal , © Culturespaces / Eric Spiller

Bijoux

Peintre, architecte et sculpteur, Dalí s’essaie à tous les domaines (à l’instar des maîtres de la Renaissance Italienne qu’il admire) et s’associe à des joaillers de renom comme Alemany et Ertman pour dessiner et réaliser des bijoux. De 1941 à 1970, parallèlement à la peinture, il dessine avec finesse et précision ces bijoux mais choisit également les matériaux employés (or, pierres précieuses, perles...) en fonction de la couleur, valeur et des connotations symboliques. Chaque exemplaire est unique et porte un nom reflétant le cosmos surréaliste (Œil du temps, Cœur royal...). L’ensemble, représentant des motifs végétaux et animaux, des symboles, des cœurs ou des yeux, montre que Dalí est un artiste sans limite qui s’exprime avec plusieurs techniques et supports.

Visage de Mae West pouvant être utilisé comme appartement , © Culturespaces / Eric Spiller

Mae West

Mae West (1893 - 1980), est une actrice hollywoodienne, sex-symbol des années 1920 à 1940. À partir d’une photographie de l’actrice, Dalí réalise un appartement surréaliste : chaque partie du visage constitue un élément du décor, meubles, motifs ou décorations. Les objets sont détournés de leur usage habituel pour créer une image idéale. Les yeux deviennent des tableaux, le nez une cheminée et les lèvres un canapé rouge.

Les couleurs utilisées font référence au théâtre, clin d’œil au métier de Mae West et symbole de mise en scène et de réinterprétation de la réalité. En 1974, Dalí recrée le tableau en 3 dimensions avec l’aide de l’architecte Oscar Tusquets.

Projet pour «La Maison du docteur Edwardes», , © Culturespaces / Eric Spiller

Cinéma et photo

Dalí est un artiste de l’image et un homme très médiatisé. Il écrit, avec Luis Buñuel, le scénario du film Un chien andalou (1929) qui serait né à partir de leurs rêves (une main couverte de fourmis et un couteau tranchant un œil). Les deux artistes élaborent le scénario en refusant toute image ou idée rationnelle. Révolutionnaire dans son langage visuel, ce film témoigne le genre du film surréaliste.

Dalí collabore également avec Alfred Hitchcock sur La Maison du docteur Edwardes en 1945. Il conçoit une scène onirique où pianos, globes oculaires et ciseaux flottent dans les airs.

Inventeur d’images en tous genres, Dalí rencontre des photographes comme Man Ray, Brassaï, Cecil Beaton, Philippe Halsman. En 1950, il se lie d’amitié avec Robert Descharnes qui le suivra pendant 40 ans et réalise des clichés préparatoires pour ses œuvres. Il constitue des archives photographiques et sonores sur la vie de Dalí.

La persistance de la mémoire , © Culturespaces / Eric Spiller

Premier surréalisme

Le Surréalisme permet à Dalí d’exprimer ses conflits intérieurs : il expérimente les diverses techniques surréalistes de surgissement d’images telles que l’automatisme.

En 1931, période de pauvreté et d’instabilité en Espagne, Dalí peint sa toile la plus célèbre, La Persistance de la Mémoire, aujourd’hui plus connue sous l’appellation « les montres molles ». Dans son autobiographie La Vie secrète, il explique que son inspiration vient de l’observation d’un camembert coulant le plongeant dans une réflexion sur le temps qui passe. On y voit des rochers de Portlligat et des montres à gousset déformées indiquant toutes des heures différentes. L’une d’elles est recouverte de fourmis, symbole lié à la mort. L’œuvre invite à se libérer des contraintes matérielles.

Marché d’esclaves (avec apparition du buste de Voltaire) , © Culturespaces / Eric Spiller

Doubles images

Le paysage rocheux du Cap Creus introduit des œuvres jouant sur le double et le simulacre, le visible et l’invisible, les effets optiques, la métamorphose. Maître dans l’art de la déformation de la réalité, Dalí est obsédé par le double. Avec Cygnes reflétant des éléphants (1937) ou Marché d’esclaves (avec apparition du buste de Voltaire) (1940), il joue avec le reflet des objets et avec la perception visuelle.

L’Énigme sans fin, réalisé en 1938, est souvent perçu comme un tableau manifeste. On y perçoit plusieurs éléments : une mandoline, un saladier avec des poires, deux figues sur une table, une bête mythologique, le visage du grand cyclope, un lévrier, un philosophe couché, la plage de Cap Creus et un bateau. La toile aux images multiples devient un enchaînement de significations sans fin.

Gala Placidia, Galatée aux sphères , © Culturespaces / Eric Spiller

Atomisation

La guerre fait irruption dans l’œuvre de Dalí avec les bombes sur Hiroshima et Nagasaki en 1945 et déclenche de nouvelles sources d’inspiration. Dès ses débuts, Dalí montre un intérêt pour les sciences, la théorie de la relativité et l’astronomie. La bombe atomique l’amène à s’intéresser à la structure atomique de la matière. Héritier des grands maîtres de la Renaissance, Dalí réinterprète des figures du sacré.

Gala Placidia, Galatée aux sphères (1952) est l’une des œuvres les plus représentatives de l’époque mystico-nucléaire. Le visage de Gala, fragmenté en sphères, rappelle la fascination de Dalí pour les théories de la désintégration de l’atome.

Léda Atomique , © Culturespaces / Eric Spiller

Christ et Gala

À partir des années 1940, Dalí s’intéresse à la Renaissance, au classicisme et à la peinture religieuse. Galarina (1945) montre ce retour aux maîtres : « Je l’ai intitulée Galarina parce que Gala est pour moi ce que Fornarina a été pour Raphaël. »

Dans Léda Atomique (1947-1949), il met en scène Gala dans un épisode mythique : celui de Leda séduite par Zeus transformé en cygne. On y retrouve, avec les éléments en lévitation, l’importance des lois de la physique et de la gravitation.

Grand admirateur de Léonard de Vinci, Dalí peint Le Sacrement de la Cène en 1955, mesurant 166,7 cm sur 267 cm, inspiré par l’œuvre originale.

Dalí (1904-1989)

1919

Dalí n'avait que 15 ans lorsqu'il peignit Paysages de Cadaqués. Il était si doué que son père accepta qu'il s'inscrive à l'Académie Royale des Beaux-Arts de San Fernando en 1921. Cependant, son tempérament rebelle lui valut d'être expulsé d'abord en 1923 puis définitivement en 1926.

Paysage ville mer Espagne Cadaquès

1925

Dalí peint en 1925 ce qui est considéré comme son premier chef-d’œuvre, Personnage à la fenêtre représentant sa sœur Ana-Maria. Très proche de sa sœur aînée, il et grandit choyé par toutes les femmes de la maisonnée. Cet attachement se perd à l’arrivée de Gala dans la vie de l’artiste.

Femme en robe à la fenêtre

1929

Après un premier voyage à Paris en 1926, Dalí rencontre les Surréalistes en 1929 et fait la rencontre de Gala, l'épouse de Paul Eluard, qu'il épousera plus tard.

Deux femmes de dos dans le désert

Années 30

Dalí adopte une technique de peinture très minutieuse, semblable à celle de Vermeer qu’il admirait profondément. Il lui rend d’ailleurs hommage dans plusieurs tableaux, notamment dans Le Spectre de Vermeer de Delft (1934). En 1948, dans sa classification des peintres les plus remarquables de l’histoire, Dalí place Vermeer en premier.

Statues et personnage dans le désert

1934

Le caractère de Dalí ne plaît pas à tous. Alors qu’il est en pleine phase surréaliste, les tensions s’accumulent avec les membres du groupe, surtout après qu’il affirme être fasciné par Hitler en pleine montée du nazisme. Il reçoit une lettre d’exclusion du mouvement cette année, mais imperturbable, il affirmera « Le surréalisme, c’est moi ! ».

Cheval et éléphants dans le désert

1940

Dalí s’exile aux Etats-Unis avec Gala à partir de 1940. Il y peindra l’un de ses tableaux le plus célèbre, Rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une pomme grenade, une seconde avant l'éveil en 1944. Durant cette période américaine, Dalí s'essaie à beaucoup d'arts dont l'orfèvrerie et la sculpture. Il réalise ses modèles de bijoux à partir de 1941. 

Tigres sautant sur une femme nue allongée

1945

Hitchcock choisit Dalí pour imaginer une séquence de son film, La maison du docteur Edwardes. Les scènes du film rappellent alors des tableaux de Dalí mis en mouvement. La séquence plonge le spectateur dans une forêt d'yeux uniques et de toutes tailles, qu'un personnage armé de ciseaux découpe frénétiquement.

Projet pour La maison du docteur Edwardes

1948

Dalí rentre à Port-Lligat pour retrouver le chemin de la foi, celle de son enfance. Il est fasciné par les grands mystiques espagnols du XVIe siècle et par leurs visions christiques. À son tour, il cherchera par sa peinture à se rapprocher de Dieu, une quête qu'il poursuivra jusqu'à sa mort en 1989.

Homme flottant et visage de femme

1952

À la fin de la Seconde guerre mondiale, son art est bouleversé par les explosions atomiques qui touchent Nagasaki et Hiroshima. L’atome devient un de ses sujets de prédilection. En 1952, il peint Galathée aux sphères, où le visage de Gala se désintègre en une multitude de sphères. Une image digne d’un film de science-fiction !

Femme Gala désintégrée sphère

1974

Dalí inaugure son musée-théâtre où il regroupe tableaux, bijoux, sculpture et même effets personnels de son village natal. Une pièce entière est dédiée au portrait grandeur nature de Mae West, la scandaleuse actrice qui le fascine. Dalí repose aujourd’hui dans son musée-théâtre.

Femme composée de meubles

écoutez la playlist de l'exposition

 

Les œuvres phares

Cliquez sur une œuvre pour en savoir plus

Une seconde avant l'éveil du rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une pomme-grenade

Une seconde avant l'éveil du rêve causé par le vol d’une abeille autour d’une pomme-grenade

Salvador Dalí , vers 1944 , huile sur bois , 51 x 41 cm , Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid , Photo : Brigdeman Images , © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, ADAGP 2023

Visage de Mae West pouvant être utilisé comme appartement

Visage de Mae West pouvant être utilisé comme appartement

Salvador Dalí , vers 1974 , Installation , 50,2 x 76 x 58,7 m , Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres , © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, ADAGP 2023

La tentation de Saint-Antoine

La tentation de Saint-Antoine

Salvador Dalí , 1946 , huile sur toile , 89,5 x 119,5 cm , Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles , Photo: akg-images , © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, ADAGP 2023

Pietà

Pietà

Salvador Dalí , 1958 , huile sur toile , 115 x 123 cm , Collection Pérez Simón, Mexique , Photo © Christie’s Images / Bridgeman Images , © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, ADAGP 2023

La persistance de la mémoire

La persistance de la mémoire

Salvador Dalí , 1931 , huile sur toile , 24,10 x 33 cm , The Museum of Modern Art, New York (Donation anonyme 1934) , Photo : Bridgeman Images , © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, ADAGP 2023

Ma femme, nue, regardant son propre corps devenir escalier, trois vertèbres d’une colonne, ciel et architecture

Ma femme, nue, regardant son propre corps devenir escalier, trois vertèbres d’une colonne, ciel et architecture

Salvador Dalí , 1945 , huile sur bois , 61 x 52 cm , collection privée , Photo : Bridgeman Images , © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, ADAGP 2023

Réminiscence archéologique de

Réminiscence archéologique de "l’Angélus" de Millet

Salvador Dalí , vers 1934 , huile sur bois , 31,75 x 39,4 cm , The Dali Museum, St. Petersburg (Floride) , © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, ADAGP 2023

Charrette fantôme

Charrette fantôme

Salvador Dalí , 1933 , huile sur toile , 19 x 24,1 cm , Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres , © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, ADAGP 2023

Prolongez votre découverte

Téléchargez notre application

Cette application, disponible gratuitement sur l'AppStore et Google Play, regroupe les commentaires d'œuvres de nos expositions numériques en cours. Découvrez de manière ludique, grâce à des anecdotes originales, une trentaine d'œuvres de l’exposition « Dalí, l'énigme sans fin » présentée au Phoenix des Lumières et à la Fabrique des Lumières (Amsterdam).

Découvrez également les expositions « L'Egypte des Pharaons, de Keops à Ramsès II » à l'Atelier des Lumières (Paris), « De Vermeer à Van Gogh, les maîtres hollandais » aux Carrières des Lumières (Les Baux-de-Provence) et aux Bassins des Lumières (Bordeaux).

Télécharger sur l'App Store Télécharger sur Google Play